Transition énergétique et musiques actuelles [appel à projets]

Suite à une année d’expérimentation, l’État, la Région Nouvelle Aquitaine, le CNV et le Rim, ont décidé d’ouvrir aux structures de musiques actuelles un appel à projets autour de la transition énergétique dans le cadre du Contrat de filière musiques actuelles et variétés en Nouvelle-Aquitaine. Cet appel à projets est également soutenu par la DREAL Nouvelle-Aquitaine, Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement.

L’objectif : accompagner les parties prenantes concernées (acteurs, collectivité…) dans l’élaboration d’une stratégie permettant la transition énergétique d’un lieu de musiques actuelles avec un projet de rénovation.

Peuvent donc déposer un dossier, les personnes morales (privée, publique) propriétaires ou exploitantes d’un lieu dont l’activité principale s’inscrit dans le champ des musiques actuelles (salle de concert, école de musique, locaux de répétitions, etc). Les structures dont les projets seront validés se verront accompagnées dans leur démarche de transition énergétique par l’association négaWatt.

L’appel à projet se clôturera le 30 juin

Présentation sur le site de l’A.

Texte de l’appel à projet

Stri-It (Musiques urbaines) [Accompagnement]

Les jeunes artistes rap, hip-hop, rnb,… sont invités à s’inscrire à la deuxième édition de Stri-it, incubateur musical proposé par le Studio des Variétés et Youtube Music.

À la clé : accompagnement artistique, professionnel, soutien à la communication, opportunités de live et suivi par des professionnels Youtube Music.

Les conditions :

  • Avoir 18 ans révolus
  • Avoir un répertoire personnel d’au moins 3 titres
  • Parler français (pour pouvoir suivre les formations – l’artiste peut utiliser une autre langue dans ses morceaux)
  • Être domicilié en Belgique, France métropolitaine, Luxembourg ou Suisse (Transports et hébergements seront pris en charge sur toute la durée de l’accompagnement)

Deadline : 5 juillet 2019

Inscription

Site web

La Chasse aux Chansons (Saint-Étienne – 42) [Tremplin]

Ouvert à tous les types de formations, ce tremplin entend mettre en valeur les capacités de composition et la créativité des groupes choisis. Les seules conditions à remplir pour avoir une chance d’être sélectionné·e·s sont donc de composer sa propre musique et de s’exprimer en français.

La finale se déroulera le 20 septembre prochain dans un amphi à la Maison de l’Université, devant 170 personnes et un jury composé de professionnels.

Déroulé de la prestation le soir de la finale :

  • 2/3 minutes de présentation du groupe
  • 2 titres du répertoire du candidat + un texte imposé mis en musique par le groupe ou l’artiste solo en live
  • Temps d’échange avec les membres du jury

En jeu :

  • Une journée de répétition et de préproduction dans les locaux du FIL ( Scène de musiques actuelles de la ville)
  • Des modules de formation dans la communication, le marketing et le management
  • Des bons cadeaux pour un magasin de musique

Pour vous inscrire : prévoyez une petite présentation du groupe et un ou plusieurs liens d’écoute (lien vidéo possible), et remplissez le formulaire ici présent.

Toutes les infos : https://www.lachasseauxchansons.com/

Mentorat et plateforme ressource : des initiatives pour faire avancer l’égalité femmes-hommes

Le sujet a occupé la presse pendant quelques jours le mois dernier suite à la parution dans le magazine Télérama du manifeste F.E.M.M (Femmes Engagées des Métiers de la Musique) signé par 700 femmes du secteur de la musique rejointes dans les deux jours qui ont suivi par 500 autres travailleuses du milieu musical, un texte accompagné d’une enquête sur le sexisme dans le milieu de la musique. La liste des signataires de ce manifeste ne cesse de s’allonger depuis, les femmes travaillant dans ce secteur étant invitées à rajouter leur nom en remplissant ce formulaire. Ces femmes prennent la parole pour dénoncer un sexisme généralisé et appeler à un changement des pratiques et des mentalités, à une révolution égalitaire. Le texte, que vous avez probablement lu si vous vous intéressez au sujet, clame : “Toutes ensemble, nous sommes solidaires, […] Toutes ensemble, nous sommes organisées, Nous sommes magnifiques et nous ne nous laisserons plus faire !”.

Cette solidarité passe notamment par des programmes de mentorat non-mixte (femme-femme) qui apparaissent dernièrement. La Félin (Fédération nationale des labels indépendants) est dans la première année de son programme MEWEM lancé fin 2018, qui a pour but de faire accompagner une douzaine de jeunes entrepreneuses de l’industrie musicale par des professionnelles chevronnées. La FEDELIMA (Fédération des lieux de musiques actuelles), en association avec le SMA, le RIF et la Fraca-Ma, a quant à elle démarré la première édition de Wah ! , qui a été étudié en lien avec la Félin pour compléter MEWEM et qui s’adresse donc aux femmes exerçant ou souhaitant exercer des fonctions en lien avec la programmation, la direction de projet et les métiers techniques (régie son, lumière, générale, direction technique) et qui concerne également les musiciennes.

Ces initiatives de mentorat existent déjà dans d’autres secteurs professionnels et sont un bon moyen de dépasser le plafond de verre, et de donner de la confiance aux femmes débutant dans ce milieu marqué par une omniprésence masculine. Pour participer en tant que mentore ou mentorée il faudra maintenant attendre des cessions ultérieures, mais sachez que Wah ! , c’est aussi le nom d’une plateforme ressource qui verra le jour en été sur ces thèmes de l’égalité femmes-hommes dans les musiques. Cette plateforme est actuellement en construction et la FEDELIMA appelle toute personne volontaire à contribuer à enrichir le futur site en remplissant un formulaire à retrouver ici. Une caisse à outils à portée de main pour les personnes qui ne pourraient participer à un dispositif comme le mentorat.

Centre National de la Musique annoncé pour janvier 2020, mais de quoi s’agit-il ?

Photo Israel Palacio

Ça fait un moment qu’elle traîne, cette idée d’offrir à la musique, dernier art vivant en France à ne pas avoir de Centre National, une maison commune. Les premières ébauches d’un tel projet remonteraient aux années 60-70, sous l’impulsion du directeur de la musique au Ministère de la Culture, Marcel Landowski. C’est ensuite sous le mandat de Sarkozy que l’idée a réapparu, avant d’être enterrée par la Ministre Filipetti à l’ère Hollande. Françoise Nyssen, ancienne ministre de la culture de Macron, avait commandé un rapport à Roch-Olivier Maistre, conseiller à la Cour des comptes pour estimer les besoins de la filière et les possibilités en termes de financements. Après avoir été annoncé pour janvier 2019 par le nouveau ministre Franck Riester, puis repoussé, l’Assemblée Nationale a voté début mai la création de ce CNM pour janvier 2020.

“Maison commune” à qui ?

Ce centre national est censé regrouper et s’adresser à tous les acteurs de la musique ; de l’édition au spectacle vivant, en passant par la musique enregistrée.

Qu’est-ce qu’on retrouverait dans cette maison commune de la musique ?

Il s’agirait de regrouper des entités déjà existantes dans le paysage musical français, à commencer par le CNV (Centre National de la chanson, des Variétés et du jazz), qui recueille la taxe fiscale sur les billetteries et les reverse sous forme d’aides et de subventions, l’IRMA (Centre de d’information et de ressources pour les musiques actuelles), le FCM (Fonds pour la Création Musicale) et le Bureau Export (asso qui accompagne la filière musicale française dans le développement de ses artistes à l’international) ou encore le CALIF (Club action des labels et des disquaires indépendants français) et d’y ajouter les budgets et programmes du ministère de la Culture liés aux musiques pour améliorer la gestion des subventions et des crédits d’impôts.

À quoi ça sert ?

L’idée est de rassembler le secteur musical, qui compte d’une part un nombre très important d’acteurs, et qui se trouve en plus divisé en deux grands pôles qui n’échangent que peu, les musiques savantes et les musiques actuelles. Pour le dire simplement, les musiques savantes fonctionnent depuis longtemps sur un schéma de subventions tandis que les musiques actuelles sont sur un modèle d’économie de marché, une véritable industrie. Le CNM pourrait être un moyen de rééquilibrer les moyens mis à la disposition de chacun des acteurs.

Le monde de la musique doit faire face à plusieurs problèmes majeurs, l’effondrement du marché du disque qui a laissé place à l’essor du streaming, qui paye en clopinettes et soumet les artistes et labels à une dépendance vis-à-vis des acteurs numériques, et d’autre part, la surpuissance des Live Nation, Fimalac et autres Vivendi, grosses multinationales qui avalent le marché de la production de spectacles et concurrencent les plus petits acteurs du terrain, qui ne peuvent rivaliser. Le CNM, s’il est conçu comme un outil représentatif de la diversité de la filière et prend en compte les structures associatives, et les PME de l’industrie musicale, pourrait permettre de soutenir ces dernières face à ces difficultés croissantes.

Parmi les missions du CNM prévues par la loi votée par l’Assemblée en mai on trouve le soutien à la création et la diffusion, l’appui au rayonnement de la musique française à l’étranger, une mission d’observation de la filière et d’accompagnement des acteurs. Un amendement précise également que le CNM aura pour mission de favoriser l’égalité Femmes-Hommes dans l’accès aux métiers de la musique.

Comment ça se finance ?

Un budget de 100 millions d’euros a au départ été évoqué, avant que le rapport de Roch-Olivier Maistre évalue les besoins à 60 millions. C’est dorénavant de 20 millions d’euros seulement dont il est question dans le dernier rapport en date, commandé par Riester à deux députés, Pascal Bois (LRM, Oise), secrétaire de la commission des affaires culturelles et de l’éducation à l’Assemblée nationale, et Emilie Cariou (LRM, Meuse), vice-présidente de la commission des finances à l’Assemblée.

Cet argent serait issu pour moitié de taxes sur le spectacle vivant prélevées par le CNV. Une seconde piste de financement serait l’augmentation des crédits d’impôts musique déjà existants pour les producteurs phonographiques et le spectacle vivant. Enfin, une partie pourrait provenir de la taxation de la sphère numérique. La question de l’argent n’est donc pas encore réglée, bien qu’un grand nombre des acteurs du secteur s’accordent pour dire que c’est les moyens mis sur la table qui feront l’efficacité et la pertinence d’une telle super-structure.

Après un passé agité et plusieurs enterrements à son actif, le serpent de mer que constitue le Centre National de la Musique suscite donc des espoirs autant que de la méfiance.

 

Retrouvez le texte de loi adopté le 6 mai par les députés : http://www.assemblee-nationale.fr/15/ta/tap0261.pdf

Santé mentale des musiciens : des chiffres inquiétants

Solitude, peur de l’échec, précarité, rythme de vie effréné et dépression post-tournée : la santé mentale des artistes est mise à rude épreuve. Un constat qui n’est pas neuf (voir notamment le colloque de mai 2017 initié par Médecine des arts, la FEDELIMA et le Moloco dont les conclusions ont été rendues en janvier 2018), mais qui refait surface à l’occasion de la publication par une entreprise suédoise de distribution digitale nommée Record Union. Cette dernière a en effet réalisé une enquête auprès de 1500 des artistes inscrits sur sa plateforme, pour des résultats plutôt révélateurs. 3 musiciens sur 4 ayant répondu ont fait part d’émotions négatives (stress, anxiété, dépression), liées directement à leur pratique artistique et leur carrière musicale. Plus précisément, 33% d’entre eux ont déjà vécu des crises d’angoisse, mais la plus grande majorité, 73% connaissent des épisodes d’angoisse et 69%, de dépression. Sur la totalité du panel des 1500 artistes, c’est chez les jeunes (18-25 ans) que ces symptômes sont le plus fortement présents.

Les causes sont multiples, mais les 3 principales avancées par les artistes dans cette enquête sont les suivantes: la peur de l’échec (69%), l’instabilité financière (59%) et la pression de la réussite (58%).

Cette entreprise, désirant participer à l’amélioration du climat du monde musical et mettre la santé des musiciens au premier plan, propose jusqu’au 3 juin aux personnes ayant des projets de prévention des risques mentaux chez les musiciens de les poster sur the73percent.com. Les 10 projets sélectionnés se partageront ensuite les 30 000 dollars réunis par la boîte pour lutter contre ce fléau.

 

Et en France ? Lancement d’une enquête par la Guilde des artistes de la musique

Il est intéressant que le milieu de la musique prenne de plus en plus au sérieux cette problématique du mal-être mental des musiciens. En France, le colloque cité plus haut de Médecine des arts, du Moloco et de la FEDELIMA peut être vu comme un premier jalon dans cette prise en compte de la santé des artistes, qui ne demande qu’à être développée par tout le secteur musical, si ce n’est la société dans son ensemble car l’image romantique de l’artiste en souffrance est aujourd’hui encore beaucoup trop répandue. Les choses semblent bouger ces temps-ci, la GAM (La Guilde des Artistes de la Musique) ayant donné naissance à un collectif nommé Cura, qui vient de lancer un sondage dédié à tous les acteurs de la musique pour faire le point sur les difficultés du secteur.

Et pour une analyse plus détaillée des maux des musiciens, et tout particulièrement ceux liés et nourris par l’industrie musicale, n’hésitez pas à consulter le webdocu de Gonzaï publié en début d’année : Un peu, beaucoup, à la folie

L’artiste-entrepreneur: d’auto-produire un disque à auto-produire son projet musical

 

Depuis une bonne décennie déjà, les acteurs de la musique constatent que l’autoproduction occupe une place de plus en plus importante sur le marché de la musique. Les moyens d’enregistrement se démocratisant toujours plus et étant maintenant à la portée de tout passionné muni d’un ordinateur, le nombre de petits projets à défendre explose et tous ne trouvent pas de labels réceptifs et décidés à les soutenir. Mais ce n’est pas par dépit que tous les musiciens auto-produits se tournent vers l’autoproduction: on remarque à l’autre extrémité du monde musical que cette stratégie est aussi adoptée par des artistes d’envergure jouissant d’une reconnaissance qui leur ouvrirait logiquement les portes de “majors”, ces grosses machines qui ont des moyens colossaux à investir. Ces artistes décident de baser intégralement la structuration de leur carrière sur ce statut d’artiste-entrepreneur. Les artistes non signés par des labels constituaient d’ailleurs au niveau mondial en 2018 la part du marché musical la plus dynamique, avec une accroissement de 27% des revenus générés par rapport à 2017 (étude MIDiA Research reprise par l’Irma).

Les apports du numérique

Les artistes-entrepreneurs peuvent compter sur plusieurs leviers pour faire fructifier leur travail sans l’aide d’un label, à toutes les étapes: du crowdfunding (financement participatif), au moment de la production de l’album, aux réseaux sociaux, blogs,.., pour en faire la promo, jusqu’aux solutions apportées par les plateformes en ligne pour distribuer eux-mêmes leur œuvre (les plateformes Bandcamp, Soundcloud, Spotify, ou les agrégateurs dédiés aux artistes non signés par des labels Tunecore et iMusicians par exemple), l’artiste peut gérer de manière plus ou moins indépendantes toutes les étapes d’existence de son projet – en tout cas sans qu’un label vienne ponctionner un peu plus le peu de revenus qu’il arrive à tirer de son travail, notamment sur le web.

Le disque n’est plus le but principal d’un artiste

Ne plus être tributaire d’un label permet une plus grande flexibilité, et le projet global de l’artiste sort de plus en plus du cycle classique album-tournée-album-tournée. Le marché du disque étant dans l’état que l’on connaît, et l’idée même d’un album comme d’une entité à part entière se perdant quelque peu, sortir un disque n’est plus nécessairement le but ultime d’un artiste. L’image prenant tout d’abord une dimension majeure dans le projet, avec la prépondérance de youtube et l’importance de proposer des clips: l’artiste peut être amené à lancer une campagne de financement participatif pour produire des titres accompagnés de clips, sans forcément viser la production d’un album en définitive. Et si album il y a, il est de plus en plus commun de voir les artistes signer directement des accords avec les distributeurs et de gérer leur promo.

D’une manière générale, se passer d’une signature avec un label offre une plus grande liberté dans la définition de son projet et son développement. Mais, en parallèle, c’est aussi une charge de travail supplémentaire pour les artistes, qui doivent passer du temps à gérer leur projet, et leurs relations avec un nombre d’acteurs bien plus important. D’où le développement des managers d’artistes-entrepreneurs, qui ne servent plus uniquement à trouver des dates de concerts mais de conseiller et d’aide au développement, à la défense des intérêts de l’artiste (face à Youtube ou Because Music, filière d’Universal, on le comprend !) et à la structuration de carrière.

Des profils différents

Plusieurs tendances sont aussi à distinguer parmi la masse d’artistes-entrepreneurs, entre artistes à l’esprit DIY, qui apprennent sur le tas et rechignent rarement à signer avec des labels indépendants si l’occasion se présente, et toute une frange des artistes actuels également soucieux d’échapper à la main-mise des labels traditionnels, et issus des cultures urbaines particulièrement, qui conçoivent et montent leur projet comme une entreprise. On citera par exemple le nom d’Antoine Guéna, du collectif 1995, jonglant parfaitement entre sa casquette de MC et celle de businessman. La maîtrise de l’image de marque du projet est donc intégrée par les artistes eux-mêmes, les artistes-entrepreneurs hip-hop et rap mettant souvent à profit de manière très habile des partenariats avec des marques et des entreprises (pub, vêtements…).

L’avenir du secteur musical ?

Cette indépendance des artistes vis-à-vis des labels est donc un mouvement de fond dans l’économie musicale actuelle, qui n’est pas près de ralentir, mais que l’on peut relativiser tout de même. En effet, selon l’étude Midia Research citée au début de cet article, en dépit de la croissance exceptionnelle des revenus générés par les artistes non-signés, ceux-ci ne représentaient en 2018 que 2,7% de ces revenus, toujours au niveau mondial. C’est donc une nouveauté du paysage musical dont il faut tenir compte, d’autant plus qu’elle est en pleine expansion, mais qui ne remet pas en cause la totalité de l’écosystème. Les labels sont loin d’être morts et enterrés.

 

Sources : étude Midia Research

Frais de sécurité pour les organisateurs d’événements : les conclusions des parlementaires

Les Transmusicales de Rennes 2018

Souvenez-vous, fin novembre dernier, on apprenait au moment même où le Prodiss et le SMA lançaient une procédure de contentieux devant le tribunal administratif pour obtenir l’annulation de la circulaire Collomb du 15 mai 2018 relative à l’indemnisation des services d’ordre, que deux députés s’apprêtaient à auditionner des pros du secteur dans le cadre d’une mission parlementaire flash destinée à clarifier la situation et pointer du doigt des améliorations à apporter au dispositif.

Cette mission parlementaire flash, dirigée par Brigitte Kuster (LR) Bertrand Bouyx (LREM), a donné lieu comme prévu à la production d’un rapport, rendu public le 20 février dernier.

Concernant la circulaire Collomb, les parlementaires ne remettent aucunement en cause la participation des organisateurs de festivals aux frais liés à la présence des forces de l’ordre, mais recommandent une plus grande précision dans la définition du “périmètre missionnel”, notion vague et laissant une grande place à l’interprétation, et donc des inégalités selon les territoires. Il s’agirait également “d’apporter aux organisateurs le maximum de stabilité d’une édition à l’autre”. Le rapport insiste également sur l’importance de respecter les délais prévus (1 mois à l’heure actuelle) pour faire parvenir les devis d’intervention aux organisateurs, et éventuellement de porter ces délais à 3 mois avant l’événement. Il incite également les préfets à prévoir une augmentation progressive des prises en charge, pour éviter de mettre en péril les événements et leur permettre d’intégrer progressivement ces dépenses.

Les députés posent également la question de la lucrativité comme critère retenu pour estimer le montant de la participation aux frais des Services d’ordre indemnisés, inscrit dans la circulaire de mai 2018. Les préfets se basent principalement sur les critères de l’administration fiscale pour différencier structures à but lucratif et à but non lucratif, or les spectacles et festivals avec billetterie sont souvent considérés comme lucratifs, peu importe le modèle économique de l’organisateur, bien que ne dégageant souvent pas de bénéfices. Ce critère semble donc une nouvelle fois introduire des inégalités entre les événements. Le rapport fait plusieurs propositions pour sortir de ce critère, jugé inadapté au secteur culturel, notamment d’indexer la participation aux frais de sécurité au chiffre d’affaire de l’événement.

Parmi les propositions des parlementaires se trouve aussi la reconduction du fonds d’urgence, créé suite aux attentats de 2015 pour 3 ans, et arrivé à son terme en 2018. Il est cependant crédité de 2 millions d’euros pour cette année, mais on ne connaît pas encore les intentions du gouvernement pour la suite.

Dernière piste d’évolution apportée par le rapport: associer plus les entreprises de sécurité privée dans la mise en place du dispositif de sécurité pour gagner en efficience et en qualité.

On attend maintenant de voir les suites de cette mission flash, en espérant que ces pistes de travail ne restent pas dans un tiroir.

Retrouvez l’intégralité du rapport ici

La vidéo de la séance du 20 février 2019

Le CEC, ou quand le bénévolat ouvre de nouveaux droits

Les droits en question, ce sont des droits à la formation. Le CEC (Compte d’Engagement Citoyen) est un dispositif qui permet notamment aux bénévoles siégeant dans l’organe d’administration ou de direction de l’association, ou participant à l’encadrement d’autres bénévoles, d’engranger des droits à la formation professionnelle sur leur CPA (Compte activité), qui comptabilise également les heures cumulées au titre du CPF (Compte Personnel de Formation) et du CPP (Compte Personnel de Prévoyance) parfois également appelé compte pénibilité.

Le Compte d’Engagement Citoyen entend récompenser les bénévoles très investis et valoriser leur engagement. Des conditions de durée sont exigées: le bénévole doit pouvoir justifier de 200 heures travaillées dont au moins cent dans une même association sur 12 mois. De plus, pour être recevable, l’activité doit être réalisée au sein d’une ou plusieurs associations déclarées depuis au moins trois ans, intervenant dans les domaines socio-culturel, artistique, sportif, éducatif ou encore philanthropique.

Les bénévoles doivent déclarer leur activité via le Compte bénévole, une déclaration qui doit être confirmée par le Valideur CEC de l’association (un bénévole dirigeant de l’association désigné par le bureau ou le conseil d’administration) via son compte Asso,  qu’il doit éventuellement créer s’il n’en possède pas déjà un. Il est actuellement possible de déclarer les activités pour l’année 2017, et ce jusqu’au 28 février. Pour l’année 2018, le bénévole pourra effectuer sa déclaration entre le 1er mars et le 30 juin 2019.

Pour les actifs, les crédits obtenus grâce à l’activité bénévole seront additionnés aux droits à la formation accumulés sur leur Compte personnel de formation. Pour tous, ils permettent notamment de pouvoir prétendre à des formations dédiées spécifiquement aux bénévoles et volontaires en service civique. Mais ces crédits peuvent également avoir d’autres usages que de la formation professionnelle classique. Ils peuvent entre autres permettre de préparer le code ou le permis de conduire, réaliser un bilan de compétences ou être aidé pour réaliser une Validation des Acquis de l’Expérience.

Ce dispositif ne concerne donc pas la majorité des bénévoles associatifs, mais pour ceux qui sont très impliqués au sein d’associations, c’est un levier intéressant qui mérite de s’y intéresser !

Complément d’informations:

https://www.associations.gouv.fr/le-compte-d-engagement-citoyen-en-pratique.html 

La plaquette du CEC

Contrat de filière Musiques actuelles et variétés: les appels à projets 2019 sont lancés

Vous êtes porteur d’un projet dans le secteur des musiques actuelles en Nouvelle-Aquitaine, en recherche de financement ? Le Fonds créatif, fonds de soutien aux acteurs des musiques actuelles et d’aide au développement de démarches expérimentales peut vous aider !

Le Fonds créatif est un des éléments clés du contrat de filière, signé en 2017 pour trois ans par la Région Nouvelle-Aquitaine, la DRAC, le CNV (Centre national de la chanson, des variétés et du jazz) et le RIM (Réseau des Indépendants de la Musique). Ce contrat de filière a pour but de “répondre ensemble aux enjeux de l’écosystème musical” et de “déterminer les conditions pour soutenir et développer la filière régionale des musiques actuelles et des variétés”. Le Fonds créatif permet à ces partenaires de financer des projets innovants et coopératifs notamment. Il est financé par les trois premiers des partenaires cités plus haut, et coordonné par le RIM, et fait l’objet chaque année d’appels à projets, dont les grandes lignes sont notamment définies en collaboration avec des professionnels du secteur dans le cadre des “concertations territoriales”.

Présentation des appels à projets: http://le-rim.org/lancement-des-appels-a-projet-2019/

Les quatre appels à projets 2019 concernent:

Montant maximal de l’aide pour chaque appel à projet: 15 000€

Pour ces quatre appels à projets, la date limite de dépôt de dossiers est fixée au 4 mars 2019

Source: Appel à projets 2019 –
État – Région Nouvelle-Aquitaine – CNV
– RIM

En parallèle de ces appels à projet, l’inscription au dispositif de transferts de savoir-faire, ayant pour but de mettre en relation et permettre des échanges d’expériences entre les pros du secteur, est ouverte jusqu’au 30 juin.

Toute l’actualité et les infos sur le contrat de filière musiques actuelles et variétés en Nouvelle-Aquitaine se trouvent sur le site musiquesactuelles-na.org